PSYCHOMOTRICITÉ

Catherine Potel définit le psychomotricien comme un funambule, investissant une position intermédiaire entre corps et esprit. Ce point de vue a le mérite d’être original lorsqu’on constate cette tendance encore persistante du système de santé occidental à cliver le fonctionnement somatique du fonctionnement psychique. En effet, les formations de plus en plus spécialisées de nos soignants tendent à leur faire considérer les manifestations corporelles comme simples conséquences d’un désarroi de l’esprit, ou au contraire, à penser la suprématie d’un caractère fonctionnel.

C’est dans le but d’atténuer cette dichotomie dans l’accompagnement de patients que la psychomotricité pour les enfants ou les adolescents en souffrance paraît tout à fait pertinente. Car s’il est bien une valeur qui guide ce professionnel, c’est celle qui tend à considérer Soma et Psyché comme le propre d’un seul être : unifié. La personne munie de ses deux dimensions, dans sa globalité, représente en psychomotricité le point de départ à partir duquel s’organise l’accompagnement du patient.

Dans un tel cas, on parle souvent de psychomotricité relationnelle. Le psychomotricien peut permettre aux enfants et aux adolescents la reconstruction d’un contenant corporel limité et l’élaboration d’un sentiment de sécurité face au monde extérieur. Aux souffrances, à l'anxiété ou aux dépressions que les mots ne viennent plus toucher, il peut proposer différentes méthodes de relaxation ou user de médias artistiques dans une perspective de détente et de revalorisation narcissique. Pour répondre à la souffrance des victimes d’abus, il peut travailler autour de l’image du corps par le biais d’outils permettant une réappropriation corporelle. Sans toutes les citer, les possibilités sont nombreuses mais se réunissent d’après nous autour de l’idée suivante : passer, de la sorte, par un mode de symbolisation plus primitif que les mots, surtout pour l'enfant, s’avère nécessaire pour une reprise et une conscientisation de soi.

L’intérêt de la psychomotricité réside aussi dans la capacité de ce professionnel à se servir de nombreux médias. Comme le bâton qui permet au funambule de maintenir son cap, le psychomotricien pourra user du toucher, de la sensorialité, du mouvement, de l’espace, de la voix, du rythme, du geste, de la musique ou même de l’eau. Les possibilités pour démarrer un dialogue tonico-émotionnel avec le patient sont nombreuses et favorisent ainsi une créativité dans la prise en charge.

Tarifs :

Le tarif pour une séance en psychomotricité relationnelle peut varier en fonction de l'expertise du professionnel rencontré et de la qualité de sa formation. Chacun de nos professionnels respecte néanmoins les recommandations émises par l'Union Professionnelle Belge des Psychomotriciens Francophones (www.upbpf.be)  à laquelle ils sont tous affiliés. Pour une séance d'au moins 45 minutes, le montant va ainsi de 40 à 50 euros par séance. En fonction de l'âge de votre enfant, des séances plus courtes et donc moins chères sont parfois proposées.

 

Selon votre mutuelle, vous pouvez bénéficier d'un remboursement allant de 8 à 15 euros par séance. Certaines mutuelles demandent pour cela une prescription de votre médecin. Le psychomotricien de votre enfant vous informera des possibilités à ce niveau lors de votre premier entretien.